L’évolution de la beauté béninoise depuis les indépendances jusqu’à nos jours!

La beauté …

C’est un sujet qui déchaîne tellement de passions. Chez les femmes africaines, et béninoises particulièrement, on ne peut pas parler de beauté sans évoquer les cheveux.

Depuis l’enfance, l’entretien des cheveux fait partie intégrante du rituel de beauté des femmes béninoises. Il n’y a qu’à voir l’engouement que cela suscite dans les périodes de fêtes par exemple. Allez dire à une fillette de 7 ans qu’elle ne se tressera pas à l’approche des fête et vous aurez probablement droit à une crise de larmes. Chez les femmes adultes, préparer une cérémonie ou une fête importante n’est pas envisageable sans prévoir un budget conséquent pour les coiffures. Inimaginable.

Et pourtant, la conception que les femmes béninoises ont eu de la beauté a beaucoup évolué à travers le temps.

La conception qu’elles ont eu de ce qu’on devrait qualifier de beaux cheveux a beaucoup évolué également. Être belle et être présentable a été et est toujours lié intrinsèquement à la manière dont nous choisissons de nous coiffer.

Depuis quelques années, avec la vague de retour au naturel (comprenez par là, le choix des femmes noires de porter leurs cheveux à leur état naturel, frisé) on assiste à un changement de mentalité sur les choix de coiffure à faire pour être considérée belle.

Lorsqu’on remonte jusqu’à la période des indépendances africaines, on constate que ce n’est pas la première fois qu’on assiste à un changement de mentalité à ce niveau.

Cette journée de célébration de l’indépendance du Bénin nous offre une excellente opportunité d’explorer l’évolution de la beauté béninoise depuis les indépendances.

Fin de la colonisation début des indépendances : cheveu naturel, tresses au fil et nattes

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Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le défrisage n’a pas été introduit en Afrique dès la fin de la colonisation.

Au début des années 60 le port du cheveu naturel était bel et bien la norme au Bénin. Pour les coiffer, les femmes s’aidaient des produits naturels à leur disposition (beurre de karaté, aloès et autres ) et adoptaient comme coiffure principalement, les nattes et bien sûr, les tresses au fil. Ces tresses avaient pour avantage de rendre les cheveux plus malléables.

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Les boucles au fer plat, non permanentes, ont la côte

Peu à peu, elles commencent par essayer d’autres types de coiffures comme les fameuses boucles réalisées à l’aide de fer chaud. À l’époque, il y avait uniquement un coiffeur à Cotonou qui maitrîsait cette technique. Avec seulement 500 – 1000 FCFA, les femmes pouvaient faire réaliser leurs boucles chez lui. Même si l’utilisation du fer chaud impliquait que les cheveux seraient un temps soit peu étirés, on était bien loin de l’irréversibilité du défrisage. Après avoir effectué sa coiffure bouclée, il suffisait d’y ajouter de l’eau à ses cheveux pour qu’ils retrouvent leur état frisé naturel.

De la fin des années 70 au début des années 2000 : l’introduction du défrisage permanent

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Vers la fin des années 70 et le début des années 80, on assiste à un grand revirement de mentalité qui durera pendant plusieurs années : l’introduction et l’adoption du défrisage chez les femmes béninoises.

« On pensait que ça serait plus relax, mais en fin de compte, il fallait à chaque fois retourner chez le coiffeur pour appliquer le défrisage et être en mesure de manipuler ses cheveux. »

Eh oui, le défrisage a cette particularité d’être une technique irrémédiable. Une fois que l’on a appliqué ce produit (à base de soude ou non ) il faut nécessairement couper entièrement ses cheveux pour retrouver ses boucles naturelles.

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Les extensions capillaires prennent le large

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Peu de temps après l’introduction du défrisage, les extensions capillaires commencent à faire leur apparition sur le marché capillaire béninois. cette période correspond étrangement au début de l’essor économique de la Corée du Sud, dont le gouvernement a remarqué et a sû tirer profit du potentiel de l’exportation des cheveux synthétiques. La femme béninoise devient accro des extensions capillaires de toutes sortes comme beaucoup d’autres femmes africaines. Tissages, mèches et autres deviennent partie intégrante du rituel de beauté des femmes béninoises.

Les années 2010 : La vague du retour au naturel

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Il aura fallu attendre les années 2010 pour observer un réel retour aux sources chez plusieurs femmes béninoises avec l’acceptation de leurs cheveux naturels qu’elles appellent couramment :  » leurs nappy « . Désormais, elles ont troquées les tresses au fil traditionnelles pour des coiffures comme les twists ou vanilles qu’elles jugent plus modernes. Il est plus fréquent de croiser dans les rues des femmes avec leurs cheveux crépus. Le mouvement naturel est arrivé au Bénin et aujourd’hui nous avons même un concours de beauté intitulé, Miss crépue Bénin.

La perception de la beauté au Bénin, telle que nous l’avons traditionnellement connue a certainement évolué. Que pensent les femmes béninoises elles-mêmes de l’évolution de la beauté béninoise? Nous avons interviewé pour vous, quelques femmes incontournables de l’industrie de la beauté au Bénin.

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L’évolution de la beauté béninoise vue par les femmes du Bénin

Fleur Almeida, Entrepreneure dans la beauté et fondatrice du concours Miss crépue Bénin

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« Les choses ont beaucoup évolué avec le retour au naturel. Mais si je compare avec les togolaises par exemple, je dirais que les femmes béninoises ne se sentent pas encore totalement à l’aise avec leurs cheveux crépus. Une grande avancée, serait qu’elles comprennent que le cheveu crépu, c’est un MINIMUM d’entretien»

« Le concept de la beauté est relatif mais il faut reconnaître qu’il y a beaucoup moins de préjugés au Bénin concernât les femmes qui portent leurs cheveux crépus. Parfois ce sont elles-mêmes qui entretiennent ces préjugés en disant que les cheveux crépus, c’est trop coûteux, trop difficile et autres…  Aujourd’hui, avec la vulgarisation de l’information, à travers les réseaux sociaux notamment, les femmes béninoises ont accès a des produits de meilleurs qualité. Les blogs et autres sites de conseils proposent également de très bons conseils beauté ce qui leur permet d’avoir un meilleur rapport a la beauté. Je me souviens que lorsque je suis devenue naturelle, ma mère et ma soeur me disaient que je finirai pas renoncer. Bientôt 7ans et aujourd’hui, elles sont crépues aussi (Rires). Donc oui, les choses évoluent. » Fleur Almeida.

Estelle, Fondatrice du Webmagazine béninois, Modernetchic et blogueuse mode 

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« Les cheveux naturels ont pris d’assaut les podiums dans l’industrie de la mode et c’est magnifique de voir à quel point les femmes noires ont commencé à assumer leurs cheveux, leurs boucles, leurs afros. C’est juste magique de voir une Afrique qui s’élève contre les clichés, qui est fière de son identité. »

« Il n’ y a pas un seul type de « beauté béninoise ». Je n’ai jamais aimé les cases et je pense que le plus important est de se sentir libre et à l’aise avec ses choix.

Il faut reconnaître cependant que les choses ont beaucoup évolué au Bénin en matière de beauté depuis les indépendances : une évolution en termes de choix et de possibilités pour exprimer son identité. Ce qui est totalement normal si on considère la mondialisation via l’essor des médias et d’internet. En matière capillaire, nous sommes bien loin des tresses de base : nattes, «atin» et ce n’est pas pour déplaire. Cette vague de retour au naturel a permis à plusieurs femmes d’accepter leur cheveux et de les mettre en valeur sans avoir à les abîmer à petits feux.

Ce qui est aussi intéressant aujourd’hui, c’est que de nombreuses femmes ont pris conscience de l’importance de la santé de leurs cheveux sans forcément revenir au naturel. Moi par exemple, je fais un mix des deux courants, je me défrise les cheveux au grand maximum 4 fois l’année et j’ai tout le temps des coiffures protectrices. Tous mes soins sont fait à base de plantes et composantes naturelles. Disons que je suis nappy à moitié (Rires).

Je veux rappeler qu’il est important de faire des choix par conviction et pour notre épanouissement personnel et non pour les autres. Je connais plein de filles qui sont nappy et qui souffrent parce qu’elles ont du mal à prendre soin de leurs cheveux. C’est primordial de se connaître, et de faire ses choix en conséquence.  pas besoin d’appartenir à une caste capillaire pour cela .

En tant que blogueuse mode, je peux dire que c’est juste magique de voir que les tops models et autres prescripteurs soutenir le mouvement naturel et faire la promotion du cheveu naturel. L’influence sur le reste de la population est palpable et directe. »

Inès Josée, Lockticienne (Coiffeuse spécialisée dans les locks)

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« Peu de femmes sont prêtes à accepter leur beauté naturelle aujourd’hui au Bénin si on considère les looks par exemple. On voit plus les hommes en porter. Et pourtant, je dirais que les locks sont plus acceptées sur les femmes que les hommes. Lorsque je me balade dans la rue j’ai souvent droit à des commentaires (totalement bienveillants) dans le style : Sista Rasta!! (Rires) »

« À l’heure actuelle, je dirais que le plus important, c’est de sensibiliser les femmes aux dangers des produits défrisants. Malheureusement, il y en a encore beaucoup qui persistent à croire que pour être belle, il faut avoir nécessairement les cheveux lisses ou comme ceux des femmes de race blanche.

Les résultats ne se font pas attendre : alopécie, perte de cheveux, utilisation de produits dont les composants nous rendent malades …

Ce qui pourrait être un frein pour les femmes au Bénin est que les locks sont encore difficilement acceptées dans certaines entreprises comme les banques et les compagnies d’assurance. Comme quoi, il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire évoluer les mentalités.

Nous sommes belles, que ce soit avec nos cheveux crépus ou des locks. On entend de moins en moins que ce sont les drogués et les bandits qui ont des locks. Pour ce qui est d’être à l’aise à les avoir, beaucoup de femmes ne sont pas encore prêtes. Le fait que nos coiffeuses ne savent pas toujours entretenir les cheveux crépus n’aide pas non plus. Elles pensent souvent qu’on a une machine de fer à la place du crâne.

Pour finir, je veux préciser que porter des locks, ne veux pas dire être rasta. Être rasta c’est toute une philosophie de vie, une religion même. (Rires). La plupart des femmes qui se lancent dans cette aventure le font juste pour le côté esthétique et la mode. Aussitôt qu’elles se font des looks, qu’elles réfléchissent déjà à comment les défaire. Pourquoi les faire si c’est pour défaire par la suite? »

Être naturelle, c’est sexy!

Et vous? Quelle est votre appréciation de l’évolution de la beauté béninoise depuis les indépendances?  Commentez, partagez et n’oubliez pas de vous abonner au site pour d’autres dossiers spéciaux. Cliquez ici.

Bonne fête de l’indépendance à toutes les béninoises et béninois!

L’équipe d’Harmonie et Boucles.

 

 

 

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